Développée par Martti Karvonen, physiologiste finlandais. L'innovation clé : utiliser la FC réserve plutôt que la simple FC max. Pourquoi ? Parce que la FC au repos varie énormément selon l'entraînement, et c'est elle qui détermine la "plage" réelle d'effort utile.
Formule Karvonen :
Un athlète avec FC repos 50 bpm et un sédentaire avec FC repos 75 bpm n'ont pas la même "plage" physiologique pour l'entraînement. Karvonen capture cette réalité.
Interprétation clinique :
Zone 1 (50–60%) — Récupération Active : Très léger. Marche rapide. Réhabiliation post-blessure. Peut être maintenu 3–4 heures. Bénéfice : bas, mais utile pour la récupération active et l'endurance de base.
Zone 2 (60–70%) — Endurance de Base : Intensité modérée. Vous pouvez parler mais pas chanter. Métabolisme aérobie optimal. Durée : 1–4 heures. C'est la "zone de base aérobie" — où les athlètes passent 70–80% de leur temps d'entraînement.
Zone 3 (70–80%) — Aérobie : Effort modéré-intense. Conversation possible mais difficile. Améliore l'endurance cardiovasculaire et la capacité aérobie. Durée : 1–2 heures maximum.
Zone 4 (80–90%) — Anaérobie / Seuil Lactique : Difficile à maintenir. Accumulation de lactate. Parole impossible (RPE 7–8 / 10). Améliore la vitesse et la puissance. Durée : 5–20 minutes par session. Risque : surentraînement si trop souvent.
Zone 5 (90–100%) — VO2 Max : Maximum absolu. Effort quasi-maximal. Durée : 2–5 minutes d'intervalle. Améliore l'éventail cardiaque et la puissance anérobie. Mais fatigant : 1–2x/semaine maximum.
Les athlètes d'élite suivent ce modèle :
Raison : surcharge modérée (Zone 3) fatigue sans adapter. Zones 1–2 développent l'aérobie robuste. Zones 4–5 développent la puissance. Zone 3 = entre deux, peu efficace.
La variabilité entre les battements reflète l'équilibre sympathique/parasympathique. HRV élevée = bon parasympathique = bien récupéré. HRV basse = fatigue, stress, surentraînement.
Mesure : applis (Elite HRV, Oura, Whoop). Si HRV baisse 10–15% : entraînement léger. Si stable/augmente : okay pour intense.
Trop d'entraînement en Zone 4–5 = surtraining syndrome :
Solution : décharger 1–2 semaines (zones 1–2 uniquement), sommeil 9h+, nutrition optimale.
Aérobie (Zones 1–3) : Effort avec oxygène. Mitochondries produisent ATP de glucose/graisses. Durable longtemps. Lactate bas.
Anaérobie (Zones 4–5) : Effort > capacité d'oxygène. Muscles produisent ATP sans oxygène (glycolyse rapide). Lactate accumule → fatigue. Court terme seulement.
| Zone | % FC réserve | Sensation | Exemples d'Activités |
|---|---|---|---|
| Zone 1 | 50–60% | Très facile | Marche rapide, récupération active, yoga |
| Zone 2 | 60–70% | Facile | Jogging léger, vélo loisir, natation lente |
| Zone 3 | 70–80% | Modéré | Jogging régulier, cycling tempo, entraînement de groupe |
| Zone 4 | 80–90% | Difficile | Seuil lactique, 10K race pace, HIIT long (3–5 min) |
| Zone 5 | 90–100% | Max effort | Sprint, 400–800m race, VO2 max intervals (2–3 min) |